Quand on accompagne une personne en situation de handicap, une question revient souvent : « Sa maladie est-elle reconnue par la MDPH ? » Il n’existe pas de liste officielle figée de pathologies garantissant automatiquement des droits. Les « 30 maladies reconnues » citées en ligne constituent un repère indicatif, pas un texte juridiquement opposable.
Ce que la maison départementale des personnes handicapées évalue, c’est le cas individuel : les répercussions concrètes sur la vie quotidienne, via un taux d’incapacité. Une même maladie invalidante peut ouvrir des droits ou non, selon la sévérité des atteintes.
La liste des 30 maladies reconnues par la MDPH
Voici les 30 pathologies les plus fréquemment reconnues par la MDPH, présentées à titre indicatif :
- Sclérose en plaques
- Maladie de Parkinson
- Maladie d’Alzheimer
- Sclérose latérale amyotrophique (SLA)
- Autisme (TSA)
- Trisomie 21
- Schizophrénie
- Trouble bipolaire
- Dépression sévère
- TDAH sévère
- Troubles DYS sévères
- Épilepsie sévère
- Myopathies
- Mucoviscidose
- Hémophilie
- Insuffisance cardiaque sévère
- Insuffisance respiratoire chronique
- Insuffisance rénale chronique
- Diabète insulino-dépendant
- Polyarthrite rhumatoïde
- Lupus érythémateux
- Sclérodermie
- Fibromyalgie sévère
- Maladie de Crohn sévère
- Cancer évolutif
- Leucémie
- VIH/SIDA en phase avancée
- Surdité profonde
- Cécité
- Séquelles d’AVC
À retenir : cette liste n’a aucun caractère officiel. La CDAPH apprécie toujours la situation concrète du demandeur, via le taux d’incapacité issu du guide-barème de 1993. Pour comprendre ce mécanisme, consultez notre page sur le barème et paliers du taux d’incapacité MDPH.
Tableau récapitulatif : catégories, taux d’incapacité et aides par pathologie
Ce tableau reprend les 30 pathologies avec leur catégorie, un taux d’incapacité indicatif et les aides potentiellement mobilisables. Les taux varient selon la sévérité de chaque cas individuel.
| Pathologie | Catégorie | Taux indicatif | Aides potentielles |
|---|---|---|---|
| Sclérose en plaques | Neurologique | 50 à 79 % ou 80 % et + | AAH, PCH, RQTH, CMI |
| Maladie de Parkinson | Neurologique | 50 à 79 % ou 80 % et + | AAH, PCH, RQTH |
| Maladie d’Alzheimer et démences | Neurodégénérative | 80 % et + | AAH, PCH |
| SLA | Neurologique | 80 % et + | AAH, PCH |
| Autisme (TSA) | Neurodéveloppemental | 50 à 79 % ou 80 % et + | PCH, RQTH |
| Trisomie 21 | Génétique | 80 % et + | PCH, RQTH |
| Schizophrénie | Trouble psychique | 80 % et + | PCH |
| Trouble bipolaire | Trouble psychique | 50 à 79 % ou 80 % et + | RQTH |
| Dépression sévère | Trouble psychique | 50 à 79 % ou 80 % et + | RQTH |
| TDAH sévère | Neurodéveloppemental | 20 à 49 % ou 50 % et + | Reconnaissance handicap (adulte) |
| Troubles DYS sévères | Neurodéveloppemental | Variable | Reconnaissance handicap |
| Épilepsie sévère | Neurologique | 50 à 79 % ou 80 % et + | RQTH |
| Myopathies | Génétique | 50 à 79 % ou 80 % et + | PCH |
| Mucoviscidose | Génétique | 80 % et + | PCH, ALD |
| Hémophilie | Génétique/hématologique | Variable | ALD |
| Insuffisance cardiaque sévère | Cardiovasculaire | 50 à 79 % ou 80 % et + | ALD, RQTH |
| Insuffisance respiratoire chronique | Organes vitaux | 50 à 79 % ou 80 % et + | ALD, RQTH |
| Insuffisance rénale chronique | Métabolique | 50 à 79 % ou 80 % et + | PCH, ALD |
| Diabète insulino-dépendant | Métabolique | 30 à 49 % ou 50 % et + | ALD, RQTH |
| Polyarthrite rhumatoïde | Rhumatologique | 50 à 79 % ou 80 % et + | ALD |
| Lupus érythémateux | Auto-immune | 50 à 79 % ou 80 % et + | ALD |
| Sclérodermie | Auto-immune | 50 à 79 % ou 80 % et + | ALD |
| Fibromyalgie sévère | Rhumatologique | 30 à 49 % ou 50 % et + | Statut travailleur handicapé |
| Maladie de Crohn sévère | Digestive | 30 à 49 % ou 50 % et + | ALD |
| Cancer évolutif | Pathologie évolutive | Variable | ALD, PCH |
| Leucémie | Pathologie évolutive | Variable | ALD |
| VIH/SIDA (phase avancée) | Infectieuse | Variable | ALD |
| Surdité profonde | Sensoriel | 50 à 79 % ou 80 % et + | CMI, RQTH |
| Cécité | Sensoriel | 80 % et + | PCH, CMI |
| Séquelles d’AVC | Neurologique | 50 à 79 % ou 80 % et + | AAH, PCH, CMI |
Existe-t-il une liste officielle des 30 maladies reconnues par la MDPH ?
La réponse est non : aucun texte de loi ne dresse un répertoire fermé de maladies ouvrant automatiquement des droits. Ce repère pratique circulant sur internet n’est pas un document juridiquement opposable.
Ce qui compte, c’est la définition du handicap posée par l’article L114 du Code de l’action sociale et des familles : les limitations d’activité résultant d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions. C’est l’impact sur la vie quotidienne qui prime, pas le nom de l’affection.
Autre confusion fréquente : ce dispositif n’a rien à voir avec la liste ALD 30 de la Sécurité sociale, qui désigne 30 affections longues durées ouvrant droit à une prise en charge à 100 %. Les deux peuvent se cumuler, mais obéissent à des critères et procédures entièrement distincts.
Comment la MDPH évalue-t-elle une maladie invalidante ? Le rôle du taux d’incapacité
Figurer dans un référentiel indicatif ne suffit pas : c’est l’évaluation individuelle qui détermine vos droits.
L’équipe pluridisciplinaire et la CDAPH
Lorsque vous déposez un dossier, une équipe pluridisciplinaire analyse les répercussions de la maladie invalidante sur la vie quotidienne. Elle transmet ses conclusions à la CDAPH, qui prend la décision finale, conformément à l’article L146-3 du CASF.
Les trois paliers du taux d’incapacité
Le guide-barème de 1993 structure l’évaluation en trois niveaux :
- Moins de 50 % : la gêne est réelle mais les droits restent limités.
- Entre 50 et 79 % : seuil d’accès à l’AAH sous conditions de ressources, à la RQTH et à certaines aides à la compensation.
- 80 % et plus : accès à l’AAH à taux plein sans condition d’inactivité, ainsi qu’à la PCH selon les besoins.
Notre guide sur le barème et paliers du taux d’incapacité MDPH détaille la méthode appliquée par la CDAPH.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis personnalisé d’un avocat spécialisé en droit du handicap.
Quelles aides ouvrent les 30 maladies reconnues par la MDPH ?
Figurer dans la liste indicative est une première étape. Encore faut-il savoir quels dispositifs solliciter selon votre profil.
L’AAH : une allocation pour les adultes en situation de handicap
L’Allocation aux Adultes Handicapés s’adresse aux personnes dont le taux d’incapacité est reconnu à 80 % ou plus, ou entre 50 et 79 % avec une restriction substantielle d’accès à l’emploi. Son montant dépend des ressources du foyer. Des pathologies comme la schizophrénie, la SLA ou la cécité peuvent y ouvrir droit, jamais automatiquement.
La RQTH : des aménagements dans le monde du travail
Cette reconnaissance facilite le maintien ou l’accès à l’emploi : aménagement de poste, temps partiel thérapeutique, contrats aidés. Les aides financières disponibles pour les personnes handicapées offrent une vue d’ensemble utile.
PCH et CMI : compensation et mobilité
La Prestation de Compensation du Handicap finance aide humaine, technique et adaptation du logement. La carte mobilité inclusion ouvre des droits de priorité, de stationnement ou de réduction tarifaire.
L’ALD 30 : un dispositif distinct géré par la Sécurité sociale
L’ALD 30 permet une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie, sans lien avec la maison départementale des personnes handicapées. Les critères relèvent de l’Assurance Maladie, comme l’explique Ameli.fr. Les deux dispositifs sont cumulables mais indépendants.
Comment faire reconnaître sa maladie par la MDPH : la démarche pas à pas
Une fois la pathologie identifiée dans le tableau indicatif, la reconnaissance passe par un dossier administratif complet.
Le formulaire Cerfa 15692*01
C’est le formulaire principal de demande auprès de la maison départementale des personnes handicapées, téléchargeable sur service-public.fr. Détaillez les répercussions sur la vie quotidienne : c’est l’impact fonctionnel, plus que le diagnostic, qui oriente la décision de la CDAPH.
Le certificat médical Cerfa 15695*01
Rempli par votre médecin traitant ou un spécialiste, il décrit la nature et la sévérité des atteintes. Joignez comptes rendus d’hospitalisation et bilans spécialisés récents.
Dépôt et délais d’instruction
Le dossier est déposé à la MDPH de votre département. Le délai légal est de 4 mois ; sans réponse, la décision est réputée négative, ouvrant la voie à un recours. Erreurs fréquentes : pièces manquantes, document médical trop vague, oubli des besoins en aide à la compensation. Le guide constituer son dossier MDPH pas à pas détaille chaque justificatif selon votre situation.
Que faire en cas de refus MDPH ? Les recours possibles
Un refus de la CDAPH n’est pas définitif. Deux voies de contestation existent, dans un ordre impératif.
Le RAPO : recours amiable préalable obligatoire
Avant toute saisine d’un tribunal, vous devez déposer un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) auprès de la maison départementale ayant rendu la décision, dans un délai de 2 mois suivant la notification, en lettre recommandée avec AR. Mentionnez les éléments de fait ou médicaux insuffisamment pris en compte. Joindre un nouveau certificat médical ou un rapport d’expert renforce considérablement la demande.
Saisine du tribunal judiciaire pôle social
Si le RAPO est rejeté ou sans réponse sous 2 mois, le tribunal judiciaire (pôle social) devient compétent, avec une prescription de 2 ans à compter de la décision contestée.
Notre guide que faire après un refus de dossier MDPH détaille la procédure complète de contestation.
Foire aux questions sur les maladies reconnues par la MDPH
Quelle différence entre les 30 ALD et le référentiel de la MDPH ?
Les 30 ALD relèvent de l’Assurance Maladie et ouvrent une prise en charge à 100 % des soins. Le référentiel de la commission évalue les limitations fonctionnelles pour attribuer l’AAH ou la RQTH. Les deux dispositifs sont indépendants et cumulables.
L’arthrose donne-t-elle droit à l’AAH ?
Oui, sous conditions. Elle peut y ouvrir droit si les limitations fonctionnelles justifient un niveau d’incapacité d’au moins 50 %, avec restriction substantielle d’accès à l’emploi. Le diagnostic seul ne suffit pas : c’est l’impact réel qui est évalué.
La scoliose est-elle reconnue comme un handicap ?
Cela dépend de sa sévérité. Une forme légère n’atteint généralement pas le seuil requis. Si elle entraîne douleurs chroniques ou contre-indication professionnelle documentée, une reconnaissance peut être obtenue.
Quelles sont les 10 maladies les plus invalidantes ?
Parmi les pathologies générant les taux d’incapacité les plus élevés figurent la SLA, la sclérose en plaques évoluée, la maladie d’Alzheimer, la cécité totale, la surdité profonde bilatérale, la schizophrénie sévère, la mucoviscidose, la trisomie 21, les myopathies évoluées et certains cancers avec séquelles fonctionnelles importantes.
Le TDAH est-il pris en compte ?
Oui, chez l’enfant comme chez l’adulte. Chez l’enfant, il peut justifier l’AEEH ; chez l’adulte, ouvrir accès à la RQTH si le retentissement professionnel est documenté.
La dépression permet-elle d’obtenir la RQTH ou l’AAH ?
Un épisode sévère ou résistant peut y donner droit si le niveau d’incapacité atteint 50 % minimum, attesté par un suivi psychiatrique et des comptes rendus détaillés. La RQTH est souvent plus accessible que l’AAH dans ce contexte.
Que faire si ma pathologie ne figure dans aucun référentiel officiel ?
Toute maladie entraînant des limitations fonctionnelles significatives peut être soumise à la CDAPH. L’essentiel est de documenter précisément l’impact via le certificat médical Cerfa 15695*01.
La liste des maladies reconnues par la MDPH est un point de départ, pas une garantie. Ce qui compte, c’est l’impact réel sur votre vie quotidienne et le taux d’incapacité retenu par la CDAPH, qui conditionne l’accès à l’AAH, la RQTH, la PCH ou la CMI.
Chaque situation est unique : un même diagnostic peut ouvrir des aides très différentes selon la sévérité des limitations et le contexte professionnel. En cas de refus, des recours existent : RAPO puis tribunal judiciaire.

